À propos de ce travail de traduction du Devi Mahatmya et de ses annexes rituelles

On interroge M (Mahendranath Gupta – un disciple de Ramakrishna) à propos d’un projet de traduction de son œuvre, le Kathamrita, vers la langue anglaise, voici sa réponse :

«…traduire les mots ne suffit pas (…) Je veux que le style soit simple et que l’on fasse attention au sens. […] Parfois j’ai développé un seul mot en une phrase. […] Si l’on ignore l’intention dans laquelle [ Ramakrishna ] parlait, on peut transformer complètement le sens. » (Extrait du volume 3 du Sri Ma Darshan de Swami Nityatmananda – traduction de l’extrait en français par Charles Maix en incipit des Entretiens de Ramakrishna – éd du Cerf 1996)


Il existe notamment quatre types d’intentions pouvant amener un lecteur francophone à s’intéresser à la traduction du Devi Mahatmya proposée ici :

  • la simple curiosité intellectuelle vis-à-vis d’un texte important de l’hindouisme : la traduction proposée espère vous satisfaire et vous permettre d’accéder à des ressources assez rares dans le monde francophone
  • une démarche d’érudition, possiblement universitaire : le travail proposé paraîtra alors à la fois insuffisamment rigoureux et documenté, toutefois il faut rappeler qu’il s’agit d’une traduction libre, qui n’a bien évidemment pas la prétention d’approcher la qualité de celle de monsieur Jean Varenne (Célébration de la grande déesse – Devi-mahatmya, éd Les belles lettres)
  • une démarche dévotionnelle (bhakti yoga) : le travail proposé ne peut alors être qu’une simple introduction avant une pratique réelle, notamment car la tradition insiste sur la nécessité d’utiliser, dans ce cadre, uniquement le texte sanskrit original, parfaitement prononcé – par ailleurs, il est fondamental de préciser que la tradition précise bien que la démarche dévotionnelle shaktite va initialement, et pendant des années, attirer des difficultés et de la souffrance dans la vie du pratiquant, et encore plus particulièrement dans le cas où elle s’adresse à la suprême déesse guerrière qu’est Durgā, une telle démarche ne doit donc pas être entreprise à la légère
  • une démarche tantrique (tantra yoga) : le travail proposé ne doit absolument pas être utilisé en ce sens, tout d’abord car, là encore, seul le texte sanskrit original, parfaitement prononcé, doit être manié, mais aussi et surtout car la voie du tantrisme ne doit être suivie que sous la tutelle et la surveillance constante d’un authentique maître ayant atteint la réalisation (la tradition va jusqu’à préciser que ce maître doit être au moins le troisième représentant d’une lignée de gurus authentiques ayant suivi cette voie spécifique), sans quoi des catastrophes surviendront immanquablement à la fois pour le pratiquant et pour son entourage